La transmission d'une entreprise suit un processus de 9 à 12 mois divisé en quatre phases. Commencer la commercialisation en septembre est optimal : les repreneurs reviennent des vacances et vous évitez la clôture en été (vacances) et en fin décembre (trêve des confiseurs du 15 décembre au 10 janvier). Chaque phase—préparation (4 semaines à plusieurs mois), sélection (1-4 mois), discussions (2 mois), due diligence (45-60 jours)—doit être rigoureusement planifiée pour maximiser le prix de vente.
En Suisse romande, les entrepreneurs qui envisagent de céder leur PME se posent souvent la même question : existe-t-il une période de l’année plus favorable qu’une autre pour enclencher ce processus ? Entre les spécificités fiscales helvétiques — notamment l’exonération des gains en capital privés prévue à l’art. 16 LIFD — et les habitudes des repreneurs sur la place romande, le choix du moment peut véritablement influencer le résultat final d’une transmission.
Combien de temps faut-il pour transmettre une PME en Suisse romande ?
La question revient régulièrement dans les échanges avec les cédants romands : quel délai prévoir pour mener à bien la vente d’une PME ? La réponse des praticiens du M&A converge vers une fourchette de 8 à 12 mois pour une entreprise de taille intermédiaire, dès lors que la préparation est rigoureuse et que la documentation répond aux exigences d’un acquéreur institutionnel ou d’un repreneur privé. Bien entendu, des facteurs personnels, sectoriels et conjoncturels — y compris les multiples de valorisation typiquement observés entre 5 et 9x l’EBITDA pour les PME suisses — jouent un rôle déterminant dans l’optimisation du prix de cession.

Chez Actoria, nous structurons le processus de cession en quatre phases distinctes : préparation, mise en marché, sélection du repreneur et finalisation juridique. Chacune mobilise environ trois mois. Cette segmentation permet d’anticiper les contraintes calendaires et d’éviter que des périodes creuses — grandes vacances estivales, trêve de fin d’année — ne paralysent des étapes décisives.
Notre expérience sur le marché romand nous enseigne qu’il est judicieux de lancer la phase de mise en marché dès la rentrée de septembre : les acquéreurs potentiels — fonds de reprise, industriels stratégiques, repreneurs individuels — retrouvent toute leur disponibilité après l’été et sont en quête active d’opportunités. À l’inverse, aborder la phase de finalisation en plein été, lorsque les équipes juridiques et fiduciaires sont en congé, génère inévitablement des retards. De même, la période du 15 décembre au 10 janvier ralentit systématiquement les négociations.
Étape 1 : Préparation des documents de présentation et du dossier de vérification préalable
Cette première phase implique la rédaction, en collaboration entre le cédant et son conseiller mandaté, d’un teaser anonymisé, d’un mémorandum d’information confidentiel (CIM) et d’une liste qualifiée de repreneurs cibles. La production de ces documents nécessite généralement quatre semaines. Parallèlement, la constitution du dossier de due diligence — états financiers audités, extraits du Registre du commerce (consultable sur zefix.ch), contrats clés, situation fiscale cantonale — peut s’étaler de quelques semaines à plusieurs mois selon la complexité de la structure, notamment si la société exploite des biens immobiliers soumis à la LFAIE.
Étape 2 : Identification des repreneurs potentiels et recueil des manifestations d’intérêt
Cette phase couvre l’approche ciblée des acquéreurs retenus et la collecte de leurs premières expressions d’intérêt. Selon le profil de l’entreprise et la profondeur du marché dans le canton concerné, elle dure entre 1 et 4 mois. La signature préalable d’un NDA (accord de confidentialité) est systématique avant toute communication d’information sensible.
Étape 3 : Réunions de négociation et obtention d’une lettre d’intention ferme (LOI)
Les rencontres entre cédant et repreneurs présélectionnés, complétées par la fourniture progressive d’informations complémentaires, débouchent sur la remise et la négociation d’une LOI (Letter of Intent). Cette étape requiert jusqu’à deux mois et cristallise les paramètres essentiels : prix indicatif, conditions suspensives, périmètre de cession.
Étape 4 : Due diligence et finalisation du contrat de cession (SPA)
La vérification approfondie des comptes, des contrats et des risques juridiques, puis la rédaction et la négociation du SPA (Share Purchase Agreement ou contrat de cession de parts) conformément au Code des obligations (CO) — art. 620-763 pour la SA, art. 772-827 pour la Sàrl — mobilisent habituellement 45 à 60 jours.
Durée totale consolidée : 9 à 12 mois.
Pourquoi ce délai est-il incompressible ?
Un processus de cession bien conduit repose sur l’anticipation plutôt que sur la réaction. Dès lors qu’un document a été communiqué à un acquéreur ou qu’une position a été exprimée, revenir sur des incohérences affaiblit la crédibilité du cédant et fragilise la négociation. En Suisse romande, les acquéreurs sérieux — qu’ils s’agissent d’industriels étrangers soumis à la COMCO pour les questions de concurrence ou de repreneurs locaux finançant l’acquisition via une holding — attendent une documentation irréprochable.
La phase de mise en marché dépend aussi étroitement du réseau et de la présence internationale du conseiller mandaté. Les aléas saisonniers — vacances de Pâques, Noël, fermetures estivales dans les cantons romands — peuvent allonger cette fenêtre de un à trois mois. La due diligence et la finalisation juridique représentent à elles seules environ 60 jours. Autrement dit, même en compressant au maximum, une cession propre ne saurait s’envisager en moins de cinq mois.
Illustration concrète : cession d’une PME romande dans le secteur des solutions informatiques
Prenons l’exemple d’un actionnaire unique souhaitant partir à la retraite après avoir développé pendant vingt ans une entreprise spécialisée dans les logiciels métier pour le secteur industriel. La société, structurée en SA au sens des art. 620 ss CO, présentait une clientèle fidélisée et diversifiée, des revenus récurrents et une rentabilité solide : le profil idéal pour attirer plusieurs repreneurs en compétition.
Le mandat de conseil a été signé début mai. Dès la semaine suivante, une séance de collecte d’informations stratégiques a permis d’esquisser la liste des cibles prioritaires. Une première version du mémorandum confidentiel et du teaser a été finalisée quinze jours plus tard. Les premières approches auprès de repreneurs qualifiés ont débuté fin mai ; les CIM ont été transmis courant juin ; et les manifestations d’intérêt formelles ont été sollicitées fin juin. En sept semaines à peine, l’équipe disposait d’une vision claire de l’appétit du marché et de la fourchette de valeur réaliste, exprimée en CHF.
Sur le plan fiscal, le cédant — personne physique détenant ses titres en fortune privée — a pu bénéficier de l’exonération totale des gains en capital privés, tant au niveau fédéral que cantonal, conformément à l’art. 16 LIFD. Ce point, fondamental dans tout conseil préalable en Suisse romande, a été sécurisé en amont pour écarter tout risque de requalification en gain commercial selon les critères du Tribunal fédéral. La structuration de la cession a également tenu compte des risques liés à la Liquidation Partielle Indirecte (LPI) au sens de l’art. 20a LIFD, afin que le schéma retenu ne déclenche pas une imposition sur le revenu non anticipée.
Un processus accéléré est-il envisageable ?
Dans certaines configurations — urgence liée à la santé du cédant, entreprise confrontée à des difficultés de liquidité, ou acquéreur stratégique déjà identifié et familiarisé avec l’activité — un processus accéléré peut être envisagé. Il permet de court-circuiter la phase de préparation exhaustive pour aller directement à la négociation d’une LOI, puis à la due diligence. Cette approche comporte toutefois des risques : une documentation lacunaire peut nourrir des demandes de garanties contractuelles plus contraignantes dans le SPA, ou conduire à une révision à la baisse du prix.
Vous envisagez de transmettre votre PME en Suisse romande ? Contactez les experts Actoria, qui vous accompagnent à chaque étape du processus de cession, de l’évaluation initiale jusqu’à la signature devant notaire.









