70 000 PME suisses doivent trouver un successeur dans les 5 ans, dont environ 30 % disparaissent faute de repreneur. En Suisse romande, anticiper dès 55 ans permet de valoriser l'entreprise (multiples 5-9x EBITDA) et de bénéficier d'une exonération totale d'impôt sur les gains en capital privés. Le « repreneuriat » offre aux jeunes une alternative solide à la création, avec une clientèle établie et des équipes déjà en place.
Dans les cinq années à venir, près de 70 000 entreprises établies en Suisse devront trouver un successeur. En Suisse romande, ce défi de transmission touche au cœur même du tissu économique régional, des rives du Léman aux vallées valaisannes, et mérite une attention immédiate de la part des dirigeants comme des candidats repreneurs.
Le tissu entrepreneurial helvétique repose sur environ 600 000 entreprises, parmi lesquelles 98 % comptent moins de 50 collaborateurs et 90 % en emploient moins de 10. En Suisse romande, ces PME — qu’elles soient constituées sous forme de SA (capital minimum de 100 000 CHF, libéré à hauteur de 50 %) ou de Sàrl (capital minimum de 20 000 CHF) — partagent plusieurs traits distinctifs :

- un fondateur-dirigeant présent depuis la création, souvent seul aux commandes depuis des décennies
- une entreprise qui constitue la source de revenus principale, voire unique, de son propriétaire
- un volume d’affaires insuffisant pour attirer les grands établissements financiers ou les fonds d’investissement institutionnels
- une absence quasi totale de planification successorale, faute de temps, d’information ou d’accompagnement spécialisé
Ces structures constituent pourtant l’ossature du développement économique local en Romandie. Elles génèrent des emplois de proximité et contribuent à la diversité sectorielle bien au-delà de ce que les grandes entreprises peuvent offrir.
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Près d’un tiers des PME romandes disparaissent faute de repreneur
Les chiffres sont préoccupants : environ 30 % des PME suisses sont dissoutes, non pas parce qu’elles manquent de valeur, mais parce qu’aucun repreneur n’a été identifié à temps. En Suisse romande, cela se traduit par des pertes d’emplois silencieuses et une érosion progressive du tissu économique cantonal, dont les effets se font sentir aussi bien à Genève qu’à Lausanne, Fribourg ou Sion. Appréhendée à l’échelle politique, la transmission des micro et petites entreprises représente un enjeu de premier ordre, articulé autour de deux axes complémentaires : sensibiliser les cédants potentiels à anticiper leur départ et ouvrir l’esprit des jeunes actifs à la reprise comme voie d’entrée dans l’entrepreneuriat.
Dès l’âge de 55 ans, tout dirigeant de PME romande devrait engager une réflexion structurée sur sa stratégie de sortie. Anticiper permet non seulement de valoriser correctement l’entreprise — les multiples typiques en Suisse romande se situant entre 5 et 9 fois l’EBITDA — mais aussi de bénéficier, dans les meilleures conditions, des fruits d’une vie de travail. Un point fiscal essentiel à retenir : en Suisse, les gains en capital privés sont totalement exonérés d’impôt, tant au niveau fédéral (art. 16 LIFD) que cantonal, dès lors que la cession porte sur de la fortune privée. Cet avantage considérable est souvent méconnu des cédants, alors qu’il constitue l’un des arguments centraux pour planifier une transmission dans de bonnes conditions. Attention toutefois aux pièges de la Liquidation Partielle Indirecte (LPI) et de la transposition (art. 20a LIFD) si la cession s’effectue en faveur d’une holding, auquel cas l’administration fiscale peut requalifier le gain en revenu imposable. Un accompagnement professionnel permet d’éviter ces écueils et de sécuriser l’opération, notamment en constituant les documents requis : LOI, NDA, SPA et convention d’actionnaires, conformément aux usages du marché M&A romand.
Du côté des repreneurs, le profil attendu en Romandie dépasse largement le cadre du cadre dirigeant d’âge mûr. Les jeunes diplômés ou professionnels en reconversion gagneraient à envisager le « repreneuriat » comme une alternative solide à la création ex nihilo. Racheter une PME existante, c’est s’appuyer sur une clientèle établie, des équipes expérimentées et des processus opérationnels éprouvés. Loin d’être un frein à l’innovation, cette démarche offre au contraire un socle stable sur lequel greffer de nouvelles ambitions — digitalisation, développement à l’international ou repositionnement stratégique — tout en bénéficiant d’une capacité bénéficiaire immédiate.
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