L'EBITDA seul ne reflète pas la vérité économique d'une entreprise : il ignore les amortissements, les impôts, la dette et les investissements de renouvellement. La valeur réelle oscille entre 1,5x et 3,5x du résultat net avant impôts, ajustée des actifs, dettes et trésorerie. C'est le marché et les repreneurs potentiels qui fixent le prix final, pas les multiples théoriques.
Si vous valorisez votre entreprise uniquement avec un multiple d’EBITDA…
Vous êtes déjà en train de vous tromper.
Pourquoi ? Parce que l’EBITDA, c’est un chiffre de bullshit.

À qui vendre son entreprise ? Existe-t-il des acheteurs fiables ?, succession et transmission d’entreprise Suisse
La semaine dernière, je discute avec le dirigeant d’une société de fondations spéciales.
Il me dit fièrement :
“On fait 2 M€ d’EBITDA, donc avec un multiple de 7, ma boîte vaut 14 M€.”
Stop.
Charlie Munger (le bras droit de Warren Buffett) avait une phrase culte :
“Chaque fois que vous voyez EBITDA, remplacez-le par bullshit earnings.”
Et il avait raison.
Parce que l’EBITDA ignore :
→ Les amortissements (qui sont de vrais coûts)
→ Les impôts
→ Le poids de la dette
→ Le renouvellement du matériel
Et aujourd’hui c’est encore pire : tout le monde parle d’EBITDA retraité.
Traduction : des chiffres arrangés pour coller à l’histoire qu’on veut vendre.
La vérité brutale ?
Votre boîte vaut ce qu’un repreneur est prêt à payer.
Pas plus.
Comment je valorise une entreprise ?
La vraie valeur :
• 1,5x à 3,5x du résultat net avant impôts
• + Actifs nets
• – Dettes
• + Trésorerie libre
Ce qui détermine le multiple :
• Solidité du management
• Concentration client
• Revenus récurrents
• Potentiel de croissance
• Secteur d’activité
Le fameux “14 M€” dont on parlait ?
Une fois recalculé sur le résultat net (500 K€), la vraie valeur tournait autour de 1 M€.
Pourquoi ? Parce que l’entreprise est hyper capitalistique : il faut réinvestir chaque année dans du matériel financé à crédit.
👉 Un écart de 13 M€ entre le rêve et la réalité.
Souvenez-vous :
Le chiffre d’affaires, c’est de la vanité.
L’EBITDA retraité, c’est de la fantaisie.
Le résultat net avant impôt, c’est la réalité.
Arrêtez de vous bercer d’illusions avec des acronymes.
Le résultat net, lui, ne ment pas.
👉 Et vous, comment valorisez-vous vraiment une entreprise ?
#Transmission #Cession #Valorisation #Entrepreneuriat #PME #Finance
Ce que ce sujet change concretement pour un dirigeant de PME
Si vous valorisez votre entreprise uniquement avec un multiple d’EBITDA… ne doit pas etre lu comme une simple information generale. Pour un dirigeant, le sujet renvoie a une question tres pratique : comment proteger la valeur de l’entreprise, garder la main sur le calendrier et eviter qu’une decision importante soit prise trop tard, sous pression ou avec une information incomplete.
Dans une operation de transmission, de cession ou d’acquisition, l’ecart entre une bonne intention et une transaction reussie se joue souvent dans les details. Les acquereurs regardent la qualite des chiffres, la dependance au dirigeant, la solidite commerciale, la lisibilite des marges, la qualite du management intermediaire et la capacite de l’entreprise a continuer sans rupture apres la signature.
Les points de vigilance a traiter avant d’ouvrir les discussions
Le premier enjeu consiste a documenter l’entreprise avant que le marche ne la juge. Les comptes doivent etre expliquables, les retraitements d’EBITDA prepares, les contrats sensibles identifies et les risques sociaux, fiscaux ou commerciaux presentes avec methode. Un dossier incomplet ne bloque pas toujours une discussion, mais il deplace le rapport de force vers l’acquereur.
Le deuxieme enjeu porte sur le calendrier. Beaucoup de dirigeants attendent un signal exterieur : une approche spontanee, une baisse d’energie, une opportunite de croissance externe ou une question familiale. Or la preparation utile commence avant ces signaux. Elle permet de choisir entre vendre, transmettre, acquerir, refinancer ou renforcer l’equipe de direction.
Comment structurer une demarche de preparation
Une demarche solide commence par un diagnostic simple : valeur defendable, points de dependance, qualite des informations financieres, attractivite du marche, profondeur de l’equipe et scenario personnel du dirigeant. Cette lecture doit etre reliee au contexte local en Suisse romande, car les usages de negociation, la fiscalite, les attentes bancaires et les profils d’acquereurs varient fortement selon les marches.
Le dirigeant gagne ensuite a prioriser les chantiers. Il ne s’agit pas de tout transformer avant une operation, mais de traiter ce qui peut detruire la confiance : chiffres non reconciliables, contrats non formalises, concentration excessive sur quelques clients, litiges latents, dependance technique a une seule personne ou discours strategique trop flou.
Ce qu’un accompagnement professionnel doit apporter
Un conseil en transmission ou en fusions-acquisitions ne remplace pas le dirigeant. Il apporte une methode, une lecture du marche, une discipline de preparation et une capacite a proteger la negociation. Son role est aussi de rendre l’entreprise comprehensible pour les bons interlocuteurs, sans l’exposer inutilement a des curieux ou a des acquereurs insuffisamment qualifies.
Sur un sujet comme vous valorisez votre entreprise uniquement avec multiple, l’objectif n’est donc pas seulement de produire une opinion. L’objectif est de transformer une information en decision : faut-il preparer une cession, renforcer la gouvernance, tester la valeur, approcher des acquereurs, organiser une transmission familiale ou securiser une croissance externe ? C’est cette clarification qui permet de passer d’une reaction tardive a une strategie maitrisee.
Questions a se poser avant d’agir
- La valeur de l’entreprise est-elle documentee par des elements qu’un acquereur peut verifier ?
- Les risques qui pourraient reduire le prix sont-ils identifies et expliques ?
- Le calendrier personnel du dirigeant est-il compatible avec le calendrier reel d’une operation ?
- Le scenario retenu protege-t-il a la fois le patrimoine, les equipes et la continuite de l’entreprise ?
